L'année 2018 a marqué 160 ans de relations diplomatiques entre le Japon et la France.
La saison "Japonismes 2018" aura duré de juillet 2018 à Février 2019.
Il est un peu tard pour le découvrir,
mais le Musée en herbe joue les prolongations pour les retardataires comme moi.

 

 

Attention, le retour que je fais de cette exposition n'engage que moi.
Je ne suis absolument pas critique d'art, ni spécialiste de la culture nipponne.
Ma visite m'a simplement donné envie de comprendre un peu ce que j'y ai vu.
Je mets en lien mes sources à chaque fois,
à vous de cliquer dessus pour en savoir plus.

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Avant de commencer la visite, parlons un peu des yôkai.
Les yôkai sont des monstres, fantômes ou créatures surnaturelles
très présents dans le folklore japonais (ici).
Les artistes s'en inspirent et ils sont très présents dans les mangas et animations japonaises.

Il en existe de toutes sortes, eux-mêmes classés selon des critères bien précis.

Pour vous donner une idée, voici quelques-uns que j'ai bien aimés :

    • Kôtôri bôzu : il dévorent les enfants qui se baladent en fin de soirée.
    • Makura-gaeshi : esprit qui vous prend l'oreiller de dessous la tête pendant votre sommeil et le met sous vos pieds à la place.
    • Shirōneri : moustiques possédés qui s'incrustent dans les vêtements poussiéreux.
    • Akaname : il passe son temps à lécher les salissures des baignoires sales.

Ces yôkai ont vraiment des passe-temps curieux.
Vous pouvez vous amuser à en découvrir bien d'autres (ici).

Je comprends mieux la présence des personnages très curieux dans les films de Miyazaki.
Les êtres bizarres qui peuplent les films d'animations des studios Ghibli
sont en fait des créatures directement liées à cette tradition des yôkai.
Par exemple, les "noiraudes" du film "Mon voisin Totoro" sont en fait des "susuwatari" (ici).

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Ce n'est pas une exposition sur les yokai,
même s'il est fondamental d'en comprendre le concept.
Au Musée en herbe, vous trouverez un parcours ludique reliant tradition et modernité,
codes kawaii des mangas et autres films d'animation nippons, aux codes traditionnels.

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J'y ai également découvert Takashi Murakami, célèbre artiste plasticien japonais, ici.
Son oeuvre est directement inspirée des mangas et du pop art américain,
et il a fondé le collectif Kaikai Kiki Corporation qui soutient de jeunes artistes.

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J'adore les univers lumineux et colorés de ces tableaux.
Je n'en ai pas les clés mais j'imagine que sous le vernis, le discours est moins reluisant.
J'avoue bien volontiers que je n'ai pas tout compris aux oeuvres.
Entre autres, ce personnage d'Inochi m'a perturbée.
Je pensais qu'il était le héros d'un film dont la bande-annonce est projetée en arrière-plan.
Mais après quelques recherches, le petit film date d'avant 2010, ici.

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Je crois que c'est tout simplement un personnage qu'il a créé
et pour lequel il a construit une vie.

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Parce que même les enfants aiment se faire peur, mais pas trop,
ils partiront à la chasse aux monstres à coup de coussins péteurs et de cornichons.
Mais oui, donnez un ou deux cornichons à un yôkai et il se calmera vite.
Les plus grands plongeront dans l'univers tout à la fois kawaii,
fantastique et effrayant des artistes nippons.

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Cette exposition est parfaite pour tous ceux et toutes celles qui aiment le Japon.
Un peu de beauté et de fantastique dans notre monde de brutes.

Je suis certaine que les initiés à la culture japonaise
s'arracheront les cheveux à la lecture de mon billet.
Je me contente de donner mon avis "grand public",
sans aucune prétention d'aucune sorte,
mais j'espère que je vous ai donné envie d'en découvrir plus sur les yôkai,
d'aller faire un tour au Musée en herbe,
ou de revoir une animation japonaise à la recherche de ces petits monstres
pas toujours très sympathiques.

 

Sayônara
et n'oubliez pas de chasser les yôkai de sous votre lit avant d'aller dormir...